Photographe professionnelle (publicité et architecture), diplômée des Gobelins en 1993, elle vit et travaille à Orléans et Paris.
Artiste-photographe (master « Photographie et art contemporain » obtenu en 2017, en travaillant sur la représentation de la ruine dans la photographie contemporaine ), elle travaille plastiquement sur les liens entre nature et architecture, sur la question de la ruine, et plus généralement sur la notion de disparition, notamment à travers un travail plus intime sur la transmission familiale.
Elle enseigne depuis 2016 la photographie à l‘Ecole Supérieure d’Art et de Design d’Orléans, auprès de la classe préparatoire en art et d’adultes amateurs, et mène des ateliers de transmission autour de la photographie, notamment dans des écoles primaires.
Démarche
Mon travail photographique déploie les notions de disparition et de mémoire, l’observation du passage du temps, les liens (interaction/distanciation) que l’humanité entretient avec son environnement. J’observe, je retranscris, je construis. Dans ma pratique du paysage, naturel, urbain, ou personnel, je parle en creux des hommes.
L’abandon est souvent le point de départ d’une recherche. Qu’il s’agisse d’infrastructures en béton comme l’aérotrain Paris-Orléans dans les années 70, d’une ancienne fonderie industrielle, ou d’usines chimiques décrépies bien qu’encore fonctionnelles, l’image de la ruine m’interroge.
Quand la notion de ruine n’est réduite qu‘à son image, car la notion de temps long est réduite jusqu’à l’instantanéité, comme dans la série Le dernier souffle, c’est la question de l’événement, de l’action de l’homme sur son environnement, qui est déployée.
Fin 2019, lors d’une résidence en Normandie, j’ai orienté mes recherches vers les ruines de guerre, et sur leur absence relative dans le paysage. Cette absence m’a permis d’évoquer le disparu par de nouvelles formes, en travaillant notamment avec des images d’archives et des radiographies. Depuis l’obtention de Aide à la Création de la DRAC en 2021, je mène une recherche sur les bunkers. Dans la lignée de Paul Virilio, je considère ces architectures comme des objets-corps porteurs de symboles.
Bien que touchant au registre de l’intime, Anatomie d’un deuil, qui traite de la maladie puis du décès de mon père, a soulevé des questions communes avec mon travail sur le paysage, comme la perte et la disparition. Cette recherche sera prolongée par un travail sur ma mère, son vieillissement, sa famille, à partir d’un fond de plaques de verre réalisées par mon grand-père maternel dans les années 1930.
Je cherche à déconstruire la surface lisse de la photographie et ses conventions, en jouant sur la forme (supports, projections), en utilisant des procédés alternatifs (cyanotype, gomme bichromatée…), en attaquant le médium par différentes méthodes (mousse végétale, cristallisation, papiers désagrégés…) et en travaillant sur le volume.